La gestion du patrimoine est un passage obligé pour chacun d’entre nous.

Notre environnement actuel est celui d’une mutation à la fois économique, technique, sociologique et démographique. Dans ces conditions il est très délicat d’obtenir l’indispensable stabilité de ses avoirs dans le temps. 

Chacun de nos choix peut-être remis en cause et les phénomènes de mode (spontanés ou provoqués) viennent sans cesse rebattre les cartes.

La réponse naturelle est celle de la diversification du patrimoine. 

Même si les choses sont mouvantes, il y a des tendances de fonds qui commandent l’avenir (c’est la boussole qui oriente nos choix).

Faire le choix délibéré de s’appuyer sur celles-ci plutôt que de les subir mérite réflexion. Quelles sont les tendances lourdes avec lesquelles nous devons compter ?

L’évolution démographique

C’est la plus importante, elle joue dans tous les pays et commande l’avenir. En 1987, nous avons atteint cinq milliards d’êtres humains, en octobre 1999 six milliards, en septembre 2011 sept milliards.

Entre 1960 et 1999 la population de la planète a doublé, passant de 3 à 6 milliards de personnes. Elle a dépassé le chiffre de 7 milliards en septembre 2011, estimation 7,2 milliards en mars 2014.

Entre octobre 1999 et septembre 2011 en douze ans un milliard d’habitants supplémentaires ont été accueillis par notre planète, soit plus de 83 millions chaque année, soit plus de 5 personnes supplémentaires toutes les deux secondes ! (temps pendant lequel 52 m² de terres agricoles nourricières, sont détruites en France…).

Les scénarios de stabilisation de la population mondiale les plus optimistes évaluent l’arrivée à l’état d’équilibre au cours du 21ème siècle. En 2050 la population devrait varier entre 8 à 10 milliards.

Conséquences pour notre environnement 

La méthode de l’empreinte écologique consiste à mesurer la quantité et la qualité des ressources écologiques nécessaires pour subvenir aux besoins d’une population donnée à un niveau donné de consommation et de technique.

D’après ce calcul (qui inclut les zones sauvages et inhabitées), au milieu des années 90, chaque être humain aurait eu droit à 15 000 m², soit un peu plus qu’un terrain de football.

Cette offre est donnée une fois pour toute par la biosphère, elle n’est pas extensible, elle diminue par contre avec la déforestation, la désertification, l’érosion, la salinisation, phénomènes qui réduisent la surface productive.

Cela permet de constater que toutes les productions dites « hors sols » utilisent, en important la nourriture, des terres situées dans des pays tiers. Les Hollandais par exemple, pour satisfaire leurs besoins actuels en nourriture, produits forestiers et énergie,auraient besoin de quinze fois plus de terre que celles disponibles aux Pays Bas.

Autrement dit: 94 % des hollandais devraient émigrer, s’ils ne pouvaient compter que sur leurs sols actuels.

Plus un pays est développé, plus son empreinte écologique devient importante, ainsi un Nord Américain nécessite en moyenne 4 à 5 hectares pour couvrir ses besoins actuels.

Au fur et à mesure que les pays du sud et d’Asie verront leur développement se poursuivre, la pression sur les « écosystèmes terrestres » va augmenter, une raréfaction des ressources est inévitable, pas seulement dans le sens imaginé par le club de Rome en 1972, mais dans celui des capacités de production et de recyclage de la planète.

L’inventivité de l’humanité ne pourra faire face indéfiniment à l’augmentation des prélèvements sur la biosphère, les systèmes complexes dont nous faisons partie ne peuvent pas supporter des surcharges éternellement.

Treize des quinze zones de pêche du monde sont en déclin, en mer du Nord le poisson se raréfie.

Des années 1950 à 1984, la production alimentaire a été plus forte que l’accroissement de la population, depuis 1984 c’est le contraire qui se produit.

Pendant les années 1990 la production agricole a connu une croissance annuelle de 0,5 %, tandis que la population mondiale augmentait de 1,4 % par an.

Le niveau des stocks de céréales en réserve est relativement faible, la FAO recommande 73 jours de stock, or en 1995/96 après trois ans de déclin des récoltes, les réserves étaient tombées à 48 jours, elles ont été reconstituées depuis en 1997, puis nouvelle crise en 2007 / 2008 (le stock de céréales n’est plus que de 37 jours) aggravée par la concurrence entre productions non alimentaires et vivrières et la spéculation... Désormais l’instabilité sera la règle : flambée des céréales en 2012, baisse brutale en 2013, en attendant la prochaine flambée…

Le problème de l’eau, directement lié au précédent

Le problème principal est celui de l’eau douce (les quantités disponibles par personne ont diminué de 40 % en 20 ans), le niveau des nappes phréatiques baisse, les réserves en eau fossiles sous les grandes plaines américaines ont diminué de moitié, des terres naguère fertiles au Texas, en Israël, en Inde, ont été abandonnées du fait de l’épuisement de l’eau dans le sous-sol.

Près de la mer d’Aral trois millions d’hectares se sont transformé en un désert de sel impropre à l’agriculture.

A Pékin 1/3 des puits sont déjà à sec, la nappe est descendue 50 m en dessous du niveau de la mer, elle continue de baisser de un à deux mètres par an. Les autorités chinoises ont reconnu que 50 % des 600 (moyennes et grandes) villes du pays avaient des difficultés a s’approvisionner en eau potable, dont cent en situation de pénurie grave.